L’autorité française de la concurrence approuve le rachat de ZeTurf par la FDJ

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Française Des Jeux

La Française des jeux (FDJ) obtient l’approbation du régulateur de la concurrence pour le rachat de la plateforme de paris hippiques en ligne ZeTurf. La FDJ a cependant consenti à faire des changements dans son fonctionnement, afin de garantir la libre et saine concurrence sur le marché.

Le projet de rachat enfin validé

L’Autorité française de la concurrence a enfin donné son accord à la FDJ pour le rachat de la plateforme ZeTurf. La Française des jeux (FDJ) peut donc finalement acquérir la plateforme ZeTurf. Cette dernière va maintenant rentrer sous le label de la FDJ pour en devenir une de ses filiales ou une branche d’activités. L’offre de rachat avait jusqu’ici été bloquée par le régulateur de la concurrence.

Il faut noter que l’Autorité française de la concurrence est un organisme public chargé de veiller à la libre et saine concurrence dans le jeu économique. Il se rassure que le marché reste concurrentiel et qu’il n’y ait pas d’abus de position dominante de la part d’un acteur sur le marché. C’est dans le cadre de l’exercice de ses missions que le régulateur avait bloqué le rachat de ZeTurf par la FDJ. Ce blocage vient d’être levé.

La FDJ a été autorisée à acquérir ZeTurf Group, le site de paris hippiques en ligne. Mais l’autorisation ne s’est pas faite sans contrepartie. En effet, l’opérateur national a été amené à prendre certains engagements afin d’autoriser le rachat de paris hippiques en ligne.

L’opérateur national a consenti à faire certains changements aux allures de réformes, afin de pouvoir racheter ZeTurf tout restant conforme au cadre réglementaire en vigueur. La FDJ va modifier son fonctionnement sur différents aspects, afin de correspondre aux exigences du régulateur et afin de ne pas porter atteinte à la libre concurrence.

Sur recommandations du régulateur, la FDJ s’est engagée à scinder ses activités de monopole et des jeux compétitifs. L’opérateur national de loterie a également annoncé qu’il libéraliserait l’activité de paris hippiques qu’il gère. Ce qui revient à dire que tout opérateur français agréé pourra accéder à son pool commun de paris hippiques.

Le régulateur relève d’importants risques pour la concurrence

L’Autorité française de la concurrence a noté des risques accrus pour la concurrence. Les deux acteurs (FDJ et ZeTurf) se rapprochent au niveau de leurs offres de jeu. Tous les deux proposent des paris sportifs en ligne. Mais le problème ne vient pas de là. Le régulateur soutient que ce qui poserait un réel problème serait le monopole de la FDJ sur les paris sportifs au détail et sur les jeux de loterie.

Le régulateur explique à cet effet que la nouvelle entreprise, issue du rachat de ZeTurf par la FDJ, pourrait vouloir limiter la concurrence dans des domaines comme les paris sportifs en ligne et les courses de chevaux. Cette capacité à restreindre la concurrence serait due au fait que ladite nouvelle entreprise est détentrice de droits exclusifs pour la fourniture de ces segments.

Serait ainsi assimilé à de la restriction de concurrence, le fait pour la FDJ d’utiliser un compte client unique pour tous les jeux proposés. Ou encore le fait de promouvoir des paris sportifs en ligne et des courses hippiques auprès de ses clients monopolistiques.

La nouvelle entreprise pourrait rendre difficile le déploiement de ses concurrents

Le libre déploiement des concurrents pourrait devenir difficile du fait de la nouvelle entreprise. C’est ce qu’a révélé le régulateur de la concurrence. Celui-ci cite notamment le domaine des courses de chevaux en particulier. Le régulateur indique que du fait de la nouvelle entreprise, l’accès aux pools de paris gérés par ladite nouvelle entreprise pourrait devenir difficile pour ses concurrents. De surcroit, la nouvelle entreprise aurait à sa disposition la possibilité de supprimer de ces pools les paris de ses concurrents.

Selon le régulateur, d’après une étude menée par lui, la nouvelle entreprise dispose de la capacité de mettre en œuvre de telles stratégies visant à restreindre les actions de ses concurrents. Le régulateur ajoute que la nouvelle entreprise dispose également de moyens efficaces pour parvenir à cette finalité, au détriment de ses concurrents. Il y a donc là un risque accru d’atteinte à la libre concurrence.

L’opérateur de loterie va scinder les activités de monopole et les jeux compétitifs

La FDJ va séparer les activités de monopole de celles des jeux compétitifs. C’est là une recommandation du régulateur de la concurrence. Une condition pour la validation du rachat de ZeTurf. La séparation des activités de monopole et de jeux compétitifs est alors une solution proposée en raison des risques pour la concurrence.

Dans le cadre de cette répartition, l’opérateur de loterie s’est engagé à créer des applications et des sites internet pour chacun des deux métiers. Ils seront totalement distincts l’un de l’autre. Toujours pour le compte de ladite répartition, la FDJ s’est engagée à maintenir les comptes séparés de joueurs pour chaque activité. Dans le même ordre, la FDJ a également annoncé qu’elle ne créerait pas de base de données clients qui inclurait les données des joueurs monopolistiques, pour faire la promotion de ses activités de jeux compétitifs.

Pour finir, l’opérateur de loterie va utiliser une filiale commerciale pour proposer des jeux compétitifs. L’usage d’une filiale commerciale dédiée va davantage permettre de créer de la distance entre les activités.

Une acquisition stratégique

L’opérateur national de loterie française a fait l’annonce en novembre 2022 de l’acquisition de ZeTurf pour un montant de 175 millions d’euros. L’accord stipule qu’une contrepartie supplémentaire sera à nouveau versée au gré des performances de l’entreprise en 2023.

Selon la Française des jeux (FDJ), le rachat de ZeTurf est une acquisition stratégique. Elle fait partie du plan d’expansion de l’opérateur national de loterie sur le marché.

ZeTurf constitue le deuxième opérateur de courses hippiques dans l’Hexagone. Il revendique 20 % de part de marché. Par ailleurs, il a réalisé un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros en 2021 et emploie aujourd’hui 100 salariés.

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